Nous sommes en guerre…

Ce sont par ces mots prononcés seulement 6 fois hier soir, que notre président nous a appelés à rester confinés chez nous pour lutter contre ce petit virus qui répond au doux nom de Corona

J’avais (encore une fois) laissé le blog de côté ces derniers temps, mais ce qui se passe en ce moment me donne envie d’écrire. Déjà parce qu’il va bien falloir que je m’occupe pendant ces 15 jours minimum cloitrée dans mon 35m²… Mais aussi parce que je crois que j’ai envie de me souvenir de cette période historique dans quelques années

Parce qu’il faut bien le dire, ce qui se passe en ce moment semble assez irréel, tout droit sorti d’un film catastrophe… Alors que non, nous sommes bien réveillés et en train de vivre une “période de guerre sans les bombes qui nous tombent sur la tête” comme dirait mon père.

Affiche Don't Panic
Cindy Ord/Getty Images

On rembobine

Je vais être complètement honnête : j’ai longtemps fait partie de ces gens qui ont minimisé le virus…

Il faut dire que je suis un peu allergique aux JT, donc je suis longtemps passée à côté de l’information. Et quand ça a commencé à parvenir à mes oreilles, je me disais que c’était une lubie des médias, qui avaient trouvé un bel os à ronger pour varier un peu leur contenu (coucou les grèves et la réforme des retraites !). 

Pour moi, c’était une grippe, un peu plus virulente que d’habitude certes, mais les chiffres le prouvaient : la grippe saisonnière tuait plus de gens tous les ans que le Covid-19… Donc pas de raison de paniquer.

J’avais d’ailleurs fait une copie d’écran avec le nombre de mort de la grippe vs le nombre de morts du corona virus à ma mère qui était en PLS à l’idée de voir ma sœur partir en vacances à l’étranger… Je m’agaçais des gens qui ne faisait qu’en parler, de ceux qui faisaient des théories fumeuses, de ceux qui paniquaient à la moindre toux de la personne à côté d’eux… Ceux qui me culpabilisaient de ne pas faire plus attention que ça aussi.

Pour résumer, ce corona virus me les brisait menu.

La prise de conscience

Petit à petit, le corona est devenu incontournable et a pris place dans toutes les conversations. Il s’est insinué dans mon esprit comme le filou qu’il est… Et si en fait, c’était plus grave que ce que je pensais?

Je me suis mise à regarder les infos, à lire des articles sur le sujet. Au départ, c’était pour me conforter dans mon idée que les gens étaient fous à paniquer autant. Et puis ça s’est accéléré..

Début mars, la France comptabilise ses premiers décès . C’est la cata en Italie, n’en parlons pas en Chine.

Et j’ai un week-end au ski prévu avec mon père. C’est là que je me suis dit : OK, peut être que c’est une psychose, mais si ça ne l’est pas, autant ne pas prendre de risque de le contaminer. Surtout qu’à l’époque, c’était surtout les personnes un peu plus âgées qui étaient soit disant en ligne de mire

A ce stade là, j’étais plus vigilante, mais encore assez sereine. Si l’épidémie était aussi virulente en Chine et en Italie, c’est que les infrastructures et services de santé n’étaient pas aussi bons que ceux qu’on peut avoir en France (oui je suis hyper chauvine haha!)

Le nombre de morts a augmenté. Une fois de plus, ces chiffres ne semblaient pas si énormes comparés à ceux liés aux maladies classiques de l’hiver, mais les experts n’étaient pas rassurants : porteurs sains, contaminations accélérées, dégradation de l’état hyper rapide, et surtout : pas seulement les personnes à risques ou les vieux touchés.

On va tous mourir…

Le jeudi 12 mars on est entrés dans le dur : fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités. Une mesure historique. 

2 jours plus tard, renforcement des mesures : fermeture des commerces “non indispensables”, soit boutiques, restaurants, bars… Adieu vie sociale.

Et hier soir, la sentence : confinement total de la France pendant au moins 15 jours…

J’ai eu cette sensation assez étrange : à la fois flippée de la tournure que prenaient les événements, et un peu excitée de me dire qu’on vivait quelque chose de dingue…

Je sais, c’est complètement stupide de penser ça, mais je pense savoir pourquoi !

Nous sommes la seule génération n’ayant connu aucune guerre, mais nous les avons toutes étudiées. J’ai longtemps été fascinée par les poilus et par la seconde guerre mondiale (je le suis toujours d’ailleurs). On pourrait dire fascination morbide, mais je crois que c’est plutôt tout ce qui s’est mis en place autour qui m’a toujours impressionnée. Toute cette solidarité qui s’est créée, les ressources insoupçonnées pour survivre ou résister dans ces périodes là, la résilience de l’être humain…

Mon humeur poétique est bien vite redescendue d’un étage quand je me suis pris de plein fouet le côté sombre de l’être humain et de la société actuelle : égoïsme, individualisme, stupidité.

Quelques exemples choisis : 

  • Pourquoi on ne proposerait pas aux employés de venir avec leurs enfants lundi plutôt que de faire un effort pour ralentir notre production dans le bien de tous… Après tout, le gouvernement ne nous a pas dit que c’était dangereux de regrouper des enfants… Ah si??
  • Certaines entreprises ont eu le culot de demander aux employés qu’ils avaient mis au chômage technique de venir travailler quand même. Bah quoi, le gouvernement continue de vous payer pourquoi vous ne continueriez pas à bosser… Non Monsieur, ceci est une fraude.
  • Les gens qui continuent de faire la bise : “oui moi je fais la bise, mais je respecte ceux qui ne veulent plus la faire”… Non tu ne les respectes pas petit écureuil… Donc va te laver la bouche à la javel avant que je te casse les dents…
  • Les gens qui se sont regroupés dans les parcs, marchés et autres lieux de vie blindés ce dimanche, parce qu’il faisait beau et qu’il faut bien profiter… Si on vous enlève des libertés messieurs dames, ce n’est pas parce qu’on s’est dit, tiens, ça pourrait être drôle. Et c’est pas parce qu’on a dit dès lundi, que le virus va faire une pausinette pendant le weekend.
  • Ce genre d’images qui se passent de commentaires :
source : Konbini
  • Les habitants des grandes villes qui s’entassent dans des trains pour se réfugier à la campagne pour avoir des conditions de confinement agréables. Ah oui ça va être cool de boire votre rosé dans le jardin plutôt que dans votre 20m²… Sauf si quelqu’un vous a postillonné dessus dans le train blindé, vous avez des chances que le transat se transforme en lit de réa.

L’art de se trouver des excuses

Alors oui, les français ont la révolution dans le sang… Ils sont épicuriens et aiment profiter de la vie. Mais à quoi sert cet esprit de rébellion et ce goût de vivre si c’est pour en faire mourir d’autres? Si c’est pour niquer l’économie gratuitement?

Parce que oui il y a l’aspect sanitaire, mais l’économie en est fortement touchée. Et si ça dure trop longtemps, les conséquences risqueraient d’être catastrophiques…


Alors petit message à tous ceux qui prennent le problème par dessus la jambe ou qui se croient au dessus des lois et des consignes de sécurités. 

Arrêtez de ne penser qu’à votre nombril. Oui ça ne va pas être facile. Surtout qu’à mon avis les 15 jours seront fort probablement prolongés. Mais c’est juste un mauvais moment à passer !

Et plus vite on prend le pli, plus vite ce cono de virus va disparaître (et plus j’aurais de chances de partir en vacances fin mai… Oui moi aussi je suis un peu égoïste hihi!)

Donc on prend sur soi.
On prend soin de soi.
On profite de sa famille quand on a la chance d’être plusieurs à domicile.
Pour ceux qui sont seuls, on se rappelle juste la chance qu’on a de ne pas avoir été confinés au 18ième siècle mais en 2020 où la communication est ultra simple.

Et puis surtout, quand on se dit “ouh la la c’est dur de s’ennuyer toute la journée, je vais être obligée de me faire tout le catalogue Netflix…” on pense à tout le personnel soignant qui est sur le front et qui s’occupe de nos malades.

Un peu de bienveillance et de sérieux les amis, on en ressortira tous grandis ❤️

Dessin love

Une fille toute simple, parfaitement imparfaite, ayant une forte propension à l'exagération et à la bonne humeur.

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